Réponse rapide : L’utilisation de drones pour l’arpentage et la topographie en France est encadrée par la DGAC (règlement EASA 2019/947). En zone urbaine, une autorisation spécifique est souvent requise. Les données collectées sont soumises au RGPD. Les levés fonciers opposables doivent être réalisés ou supervisés par un géomètre-expert.
Drone Arpentage et Topographie France 2026 : Réglementation DGAC
Drones en topographie : un marché en plein essor en France
La photogrammétrie et la topographie par drone se sont imposées en France dans le BTP, l’agriculture, les collectivités territoriales et les cabinets de géomètres-experts. En 2026, la plupart des grands chantiers et projets d’aménagement intègrent le drone comme outil standard de levé topographique.
Cette démocratisation s’accompagne d’obligations réglementaires claires que tout opérateur doit maîtriser.
Qui peut réaliser des levés topographiques par drone ?
Il convient de distinguer deux types de missions :
- Levés à usage interne ou non opposables : Plans de masse pour chantier, suivi de terrassement, modèles 3D pour l’architecture. Ces missions peuvent être réalisées par tout opérateur drone qualifié (sans condition de titre professionnel).
- Levés fonciers opposables : Documents destinés au cadastre, à un bornage contradictoire ou à un permis de construire. Ces documents doivent être signés par un géomètre-expert inscrit à l’Ordre des Géomètres-Experts. Le drone peut servir d’outil de collecte de données, mais la validation reste du ressort du professionnel réglemente.
Autorisations DGAC pour les vols de topographie
La catégorie applicable dépend du contexte de vol :
- Catégorie ouverte A2 : Suffisante pour la majorité des levés en zone rurale ou semi-urbaine. Le drone doit peser moins de 4 kg et le télépilote doit disposer de l’attestation A2.
- Catégorie spécifique (STS-01/STS-02) : Requise en zone urbaine dense, à moins de 30 m des personnes non impliquées, ou pour les vols au-delà de la portée visuelle (BVLOS).
- Au-dessus de 120 m AGL : Une autorisation DGAC est systématiquement requise, même en catégorie ouverte.
Les demandes d’autorisation pour la catégorie spécifique sont déposées sur AlphaTango. Les délais de traitement sont généralement de 2 à 6 semaines selon la complexité du dossier.
Précision des levés photogrammétriques
La précision obtenue dépend de plusieurs facteurs :
- Résolution au sol (GSD) : Typiquement 2 à 5 cm/pixel pour des usages professionnels
- Correction RTK/PPK : Précision planimdtrique de 1 à 3 cm, altérimétrique de 2 à 5 cm
- Points d’appui (GCP) : Recommandés pour valider et améliorer la précision du modèle
- Recouvrement des images : Au minimum 70 % (latéral) et 80 % (frontal) pour une reconstruction fiable
Ces paramètres permettent d’atteindre des précisions compatibles avec les exigences cadastrales pour des surfaces moyennes.
RGPD et CNIL : protection des données dans les levés topographiques
Les images aériennes capturent inévitablement des zones privées, des véhicules ou des personnes. Le cadre RGPD impose :
- Base légale : Intérêt légitime (art. 6.1.f) pour les levés professionnels, ou consentement en cas de captation sur proprieté privée tierce
- Minimisation : Ne traiter que les données nécessaires à la finalité topographique
- Anonymisation : Flouter les visages et plaques d’immatriculation dans les livrables finaux si non nécessaires
- Sous-traitance : Contrat de sous-traitance RGPD (article 28) avec tout prestataire cloud traitant les données
La CNIL recommande également d’informer les riverains par voie d’affichage ou d’annonce locale avant les vols en zones habitées.
Différences entre zones urbaines et rurales
Le contexte géographique modifie significativement les contraintes :
- Zone rurale : Moins de contraintes d’espace aérien, autorisations souvent non requises en A2, moins de risques RGPD (peu de personnes)
- Zone péri-urbaine : Présence fréquente de zones CTR (contrôle aérien) à vérifier sur Géoportail. Distance aux aérodromes à respecter
- Zone urbaine dense : Catégorie spécifique quasi systématique. Risque RGPD élevé. Concertation avec collectivités parfois nécessaire
Logiciels et flux de traitement
Les principales solutions logicielles utilisées en France pour la photogrammétrie drone sont Pix4D, Agisoft Metashape et DJI Terra. Ces outils génèrent des nuages de points, des MNS (modèles numériques de surface), des orthophotos et des modèles 3D texturés.
Pour les levés fonciers, les livrables doivent respecter les normes de précision définies par l’Ordre des Géomètres-Experts (OGE) et le CNIG (Conseil National de l’Information Géographique).
Sources
- Règlement (UE) 2019/947 (EASA) – catégories ouverte et spécifique
- Code de l’aviation civile, art. L6211-1 et suivants
- DGAC – AlphaTango : alphatango.aviation-civile.gouv.fr
- Géoportail (géoportail.gouv.fr) – carte des espaces aériens
- RGPD – Règlement (UE) 2016/679, art. 6 et art. 28
- Ordre des Géomètres-Experts (OGE) – normes de précision
- CNIG – Conseil National de l’Information Géographique
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